24 janvier 2008

La belle Française de Jean-Pierre

JPA...

Jean-Pierre est un roule-toujours, un pur.

"Ce matin, je me suis levé de bonne heure, avant le jour. Je me suis équipé minutieusement, religieusement, enfin je suis allé réveiller ma bête. Elle est là, dans son garage, somnolente sur sa béquille, les chromes luisant doucement dans la pénombre et sentant bon l'huile refroidie et l'essence. Dans la rue, j'enfile le casque, le fixe, son odeur si particulière m'exalte, je la connais bien cette odeur, mais je la redécouvre chaque fois. Enfin, c'est le cérémonial de la mise en route. Essence, contact, starter, un ou plusieurs coups de kick... et la mécanique s'ébranle. A petits coups de gaz, je maintiens le régime du moteur tandis que je me mets en selle. On enfourche sa moto comme on se jette dans un fauteuil confortable et familier: là on est bien. Dernière inspection, dernière touche à l'équipement et c'est parti... Doucement d'abord pour chauffer le moteur et l'écouter tourner, puis de plus en plus vite et les bruits mécaniques s'estompent pour laisser place au sifflement de l'air. Ensuite, on recherche la bonne position de conduite, celle qui vous évite d'attraper la crampe du motocycliste... Elle vous prend à la base de la nuque, à cause du vent qui tire la tête en arrière et elle dure...dur, des heures, parfois même des jours. Mais ce n'est rien, juste une question d'habitude. Une fois les manoeuvres terminées, on pourrait penser que la route devient monotone... du tout, on admire le paysage et d'une façon panoramique encore! Ici, pas de montant de pare-brise et autres angles morts pour vous boucher la vue. Second avantage sur la voiture, on capte toutes les senteurs de la campagne, les bonnes et les mauvaises. Avec l'habitude, on reconnaît à l'odeur les champs de luzerne et ceux de colza. Mais encore, on discute avec sa moto, mais oui, on lui parle de l'itinéraire à suivre, des routes que l'on va rencontrer. On lui demande de bien vouloir se montrer vaillante et fidèle. On la flatte si elle marche bien, la maudit si elle défaille. Tout cela doit vous paraître bien pueril et ridicule, pourtant il faut le vivre pour l'apprécier pleinement. Parfois, on croise un autre motocycliset et invariablement on se fait un petit signe de la main. C'est par ce geste que l'on se reconnaît entre purs. Lorsque la ballade se termine, on est un peu mélancolique, comme à la fin d'une aventure."

Ce portrait pourait être celui de Jean-Pierre. Il n'a pourtant pas été écrit pour le décrire, ce texte est extrait  de "La moto", de Christian Lacombe, pp 216-217 in "Les purs", 1970.

Jean-Pierre habite avec son épouse la région Nantaise, son origine est Normande. Il aime le pâté Hénaff et le montre clairement au 3ème Breizh Ural à la pointe du Minard, en avril 2007. Mais c'est surtout un homme vivement sympathique qui fait l'unanimité chez ceux qui le rencontrent.

Il est vrai que c'est un homme de communication qui est à l'affût de toute nouvelle technologie qui l'aiderait a rentrer en contact avec ses semblables: téléphone mobile, internet, GPS tam-tam, signaux de fumée (même en roulant et au détriment de sa propre santé), verres de l'amitié, comptes-rendus sur le site de l'Amicale Dniepr et Oural de France, forum divers,  etc...

0

 

A l'image de Cadet Roussel (Orgelet,  1743 - Auxerre, 1807), Jean-Pierre a trois... motos et un... side-car, histoire de bousculer les traditions et les chansons: Peugeot, MZ, Royal-Enfield et Ural font ainsi son bonheur,celui de ses mécaniciens et de ses fournisseurs, de divers forums ainsi que celui de son assureur et de sa proche Préfecture...


0

1

 

Ors...

Le week-end dernier, un plainte émanait du garage, Jean-Pierre tendit l'oreille...

 

"Oui depuis ta belle Russe et ton Indienne, moi je ne compte plus,je reste dans le fond du garage,je vous vois partir et moi je reste là à attendre qu'un jour tu daignes te souvenir qu'il y a dix ans nous étions heureux ensemble,tu étais fier comme Artaban,tu te souvenais avec nostalgie que ton père et ta mère étaient heureux avec moi sur les routes de Normandie, je n'ai jamais déçu personne! Alors et moi, quand est ce que je roule comme au bon vieux temps?"

 

Impossible de rester indifférent devant tant de désarroi! Son sang de motard ne fit qu'un tour de vilebrequin et les voilà partis de concert pour une ballade d'une cinquantaine de kilomètres autour du lac de Vioreau. Cette retenue d'eau  sur la Commune de Joue sur Erdre sert à réguler le cours du canal de Nantes à Brest pour les pragmatiques et à remonter le moral d'une fidèle Française pour les romantiques.

 

De cette bucolique ballade, Jean-Pierre a ramené quelques bien belles images que je suis heureux de vous présenter...




Au plaisir de te revoir mon bon Jean-Pierre mais attention à la gourmandise, je sais que tu aimes le pâté... et ne dis pas le contraire, personne ne te croira... PhilippE

Jpa_groink









A voir également l'album photo "Une copine à CharliE, la Peugeot 1952 de JPA".

Posté par Philacryl à 17:25 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur La belle Française de Jean-Pierre

    peugeot

    Chapeau Philippe j'en ai presque la larme à l'oeil tu as tout compris et je n'aurais jamais pu m'exprimer ausi clairement.
    Merci et encore bravo
    a+ jpa

    Posté par allain, 24 janvier 2008 à 18:48 | | Répondre
  • belle description

    bonjour philippe
    je connait JP depuis peu mais je trouve que ce texte lui vas tres bien.......sous le casque! ainssi qu'a pas mal d'entre nous qui sommes un peu en "marge" avec nos bestioles!
    a bientot sur les routes normandes
    Michel

    Posté par michel50, 05 février 2008 à 18:54 | | Répondre
Nouveau commentaire